Dictée 45

À Combray, tous les jours dès la fin de l’après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l’air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l’heure du dîner, on coiffait ma lampe.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

P.S. : Du côté de chez Swann est le premier volume d’À la recherche du temps perdu. Vous pouvez aussi vous initier à Proust en lisant Un Amour de Swann.