Mais son mot spirituel fut emporté dans l’ouragan des gestes et des cris. Les femmes avaient paru, près d’un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d’enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l’agitaient, ainsi qu’un drapeau de deuil et de vengeance.
Zola, Germinal
N.B. 1 : « épars » signifie « éparpillés » et ici « en désordre ».
N.B. 2 : des « guenilles » sont des vêtements abîmés et déchirés.
N.B.3 : des meurt-de-faim est un mot composé et comme beaucoup de mots composés, il ne s’accorde pas. Si vous avez oublié les traits d’union, ce n’est pas une faute.
N.B. 4 : il pourrait y avoir ambiguïté à propos de « leur petit » mais le pronom « le » qui suit, devant « soulevaient », oblige à faire l’accord au singulier.